Ayant de gros souci avec le site précédent (http://florent-brard.over-blog.com)
VOICI PAR LE BIAIS DE CETTE NOUVELLE ADRESSE LE NOUVEAU SITE HTTP://FLORENTBRARD.WIXSITE.COM/OFFICIEL
DE L'EX-COUREUR PROFESSIONNEL , LE TOURANGEAU FLORENT BRARD.
Dernière mise à jour : 25/06/2026
" CHAMPION DE FRANCE du chrono en 2001.... et CHAMPION DE FRANCE en ligne en 2006."
Il y a ..... 20 ans « L'ETAT DE GRÂCE » de Florent BRARD, Champion de France 2006
Interview paru sur DirectVelo, le 25 juin 2026 "
Afin de meubler un peu cette interview, j'ai décidé d'y rajouter photos personnelles, menus avec les liens se rapportant aux sujets évoqués dans et entretien !
Directvelo* Remettons-nous dans le contexte de ce Championnat de France 2006. Tout d’abord, tu avais beaucoup de vécu et un véritable amour pour cette course spéciale depuis de très longues années : tu avais décroché la médaille de bronze chez les Cadets à Pont-du-Fossé, en 1992, puis la médaille d’argent chez les Juniors à Marmande, en 1994, et enfin l’argent, encore, chez les Espoirs à Montpinchon en 1998… Tu as toujours été un spécialiste du Championnat national !
-- Florent -- " Durant toutes mes années sur le vélo, chez les pros, j’ai toujours connu deux fois le stress d’avant-course,à être tendu
comme une arbalète : le jour de Paris-Roubaix, et celui du Championnat de France.Pour moi, le Championnat, ça a toujours été
la réunion de toute la famille du cyclisme. Le Tour de France, c’est encore autre chose, avec tout ce public. Mais le Championnat de
France, c’est pour les purs amoureux du vélo. Ça a toujours été un moment particulier pour moi qui ai toujours été un grand passionné
de vélo et qui le suis toujours puisque je ne rate jamais une course à la télé. Le Championnat, c’est spécial. J’ai aussi gagné plusieurs fois
le chrono, deux fois en Espoirs puis chez les pros. Jusqu’à la consécration en ce jour de juin 2006 mais j’ai aussi connu des frustrations
sur les Championnats. Montpinchon, putain…C’était un de mes pires regrets, j’aurais vraiment aimé gagner ce jour-là."
* En 2006, tu étais l’un des quatre coureurs français de l’équipe espagnole Caisse d’Epargne - l'actuelle formation Movistar -,
avec Eric Berthou, Mathieu Perget et le regretté Nicolas Portal. Comment t’étais-tu retrouvé là-bas ?
-- Florent -- " (Euzebio) Unzue et (José-Miguel) Echavarri m’avaient déjà contacté les années précédentes, dès les rangs amateurs,
en fait. J’ai toujours été en relation avec eux. En 2005, j’ai fait un très bon début de saison avec
Agritubel puis un virus m’a mis par terre… D’ailleurs, pour la parenthèse, j’avais le mental et le moteur mais j’ai toujours eu
une santé défaillante et c’est peut-être bien ce qui m’a empêché de faire une meilleure carrière. Pendant que j’étais un peu au
fond du trou en 2005, j’ai reçu un coup de fil d’(Euzebio) Unzue qui voulait me rencontrer. On s’est vus pendant le Tour de France et il
m’a proposé de m’engager. J’étais très content. C’était une très belle équipe, ils avaient besoin de Français, forcément, avec ce sponsor français. Je n’ai pas hésité.
« C’EST UNE COURSE QUI M’A TOUJOURS EXCITÉ »
* Quel était ton rôle au sein de cette formation, qui était l’une des meilleures au Monde ?
-- Florent -- " Je me souviens qu’à l’époque, dans les équipes françaises, il fallait être bon en stage de pré-saison pour aller au Tour Med’. Puis il fallait être bon au Tour Med’ pour aller à Paris-Nice. Rebelote jusqu’au Dauphiné et tu arrivais au Tour un peu émoussé (rire). Je caricature mais il y avait un peu de ça. Chez Unzue, c’était différent. L’objectif, c’était de faire le Tour pour accompagner (Alejandro) Valverde dans les meilleures conditions possibles, dès la signature du contrat. Je n’avais aucune pression en début de saison, j’ai pu me préparer sereinement. Je n’avais pas besoin d’être performant dès février pour aller gagner ma place. Ce qui comptait, c’était le Tour et j’étais sûr d’en être. Il m’a fallu du temps pour bien me remettre dedans après ce fameux virus mais j’ai retrouvé de la vitalité au moment des 4 Jours de Dunkerque. Et Unzue m’a dit qu’il fallait que je coupe, malgré tout, pour reprendre au Dauphiné, avant le Championnat et le Tour. J’ai un peu galéré au Dauphiné, qui était ma course de reprise.
* Difficile d’imaginer, à ce moment-là, que tu allais gagner le Championnat de France !
-- Florent -- " Je manquais de rythme mais j’en étais quand même sorti en bonne condition. Puis j’ai fait un bon stage dans les Pyrénées avec l’équipe. Au final, je suis arrivé au Championnat de France avec de la fraîcheur. J’ai d’abord fait 5 au chrono. Je n’avais pas encore de super sensations mais c’était correct. Puis le jour de la course en ligne, j’étais tendu. C’est une course qui m’a toujours excité. J’aime bien les courses en circuit et j’aime aussi quand les courses sont longues et usantes. Ce jour-là, le circuit était bien casse-pattes sans que ce ne soit hyper dur non plus. Il y avait des petits repechos comme diraient les Espagnols. Il n’y avait pas 5000 mètres de dénivelé mais il y en avait de partout et d’ailleurs, on n’est pas nombreux à finir. J’ai clairement pris le départ pour gagner, comme toujours sur un Championnat, même s’il m’est arrivé de finir à la nuit (rire). C’est toujours particulier face à des équipes de quinze ou vingt mecs. En plus, on était sur les terres de l’équipe BouyguesTélécom. Mais j’y croyais."
* Quels souvenirs gardes-tu de la course en elle-même, 20 ans après ? Comment avais-tu manoeuvré ?
-- Florent -- " Je marchais vraiment fort. Plus les kilomètres et mieux je me sentais. Il y a des courses où tu lèves vingt fois le cul de la selle sans jamais choper la bonne. Ce jour-là, j’y suis allé deux fois et il s’est avéré que c’était à chaque fois le bon moment. J’ai attaqué deux fois au même endroit, dans une espèce de cuvette, le dernier faux-plat avant la ligne, lors des deux derniers tours. J’ai giclé une première fois pour rentrer sur (Christophe) Moreau et (Thomas) Voeckler, qui étaient devant depuis longtemps. Ils étaient émoussés. On s’est retrouvés à trois devant et au dernier tour, j’ai attaqué au même endroit, sachant que j’avais un peu plus de fraîcheur. Voeckler a hésité à y aller mais j’ai eu le temps de faire un petit trou. Puis j’ai tenu jusqu’au bout. Cette victoire, ça aura été la consécration de ma carrière. Pourtant, Thomas Voeckler et Didier Rous, qui termine finalement 3e, savaient faire. Ils avaient déjà été tous les deux Champions de France. Mais là, c’était mon jour de gloire, j'étais en état de grâce.
« J'ÉTAIS TRÈS FIER POUR EUX »
* Te souviens-tu de ce que tu as ressenti durant les dernières minutes de la course, puis lors du podium ?
-- Florent -- " Après pratiquement six heures de course, je n’avais plus la tête à penser à grand-chose, juste à pédaler fort jusqu’au bout. L’émotion, elle a surtout été sur le podium. Mes parents étaient sur le bord de la route, à l’arrivée. J’étais encore plus content pour eux que pour moi. Ils ont toujours été très discrets mais ils étaient mes supporters N°1. J’étais très fier pour eux."
* Était-ce, en quelque sorte, un joli pied de nez pour toi de te retrouver en bleu-blanc-rouge pendant un an après avoir été “banni” du peloton français ?
-- Florent -- "J’ai surtout profité du moment présent, je n’étais pas rancunier (contrôlé positif au bétaméthasone en 2002 et suspendu six mois, il avait été licencié de l’équipe Crédit Agricole puis boycotté par les formations françaises, NDLR). Une carrière est faite de hauts et de bas. Le plus important, c’est de savoir rebondir et là, je l’avais bien fait. L’épisode qui a fait que… Bon, c’est comme ça.. Je n’en tire aucune gloriole."
* Quelques jours après ce titre national, tu as donc disputé le Tour de France avec le maillot bleu-blanc-rouge !
-- Florent -- " Déjà, pour l’anecdote, je trouvais qu’il n’y avait pas assez de bleu sur le maillot (rire). Il était quand même sympa, avec un dégradé pas vilain. Je me souviens que l’équipe m’avait envoyé un gros carton avec cent maillots, cent cuissards, paires de gants, chaussettes… J’ai pu pratiquement tout donner pour les collectionneurs, les amis, les supporters, les proches. J’ai trouvé ça génial. Pour ce qui est du Tour, c’était particulier avec le maillot, je l’ai bien ressenti. Au départ des étapes, il fallait que je sois devant. On te reconnaît facilement dans le peloton quand tu as ce maillot-là. C’était beau."
« ALEJANDRO VALVERDE, C’EST UN SUPER GARS »
* Il s’est passé énormément de choses lors de ce Tour de France 2006, pour l’équipe mais aussi de façon générale. C’était le premier Tour post-Armstrong. Tout le monde attendait un duel entre I.Basso et J.Ullrich, possiblement arbitré par A.Vinokourov… Mais tous trois ont été exclus de la course juste avant le départ.
C’est la fameuse affaire Puerto…
-- Florent -- "Je me souviens du départ à Strasbourg. L’ambiance était pesante. (Jan) Ullrich et les T-Mobile étaient à l’hôtel avec nous. Ils avaient fait la présentation des équipes, c’était fou. Il y avait un côté assez surréaliste à ce qu’ils soient dégagés juste avant le grand départ alors qu’ils étaient déjà sur place
* Et la Caisse d’Epargne, dans tout ça ?
-- Florent -- " On venait pour gagner le Tour avec Alejandro Valverde, avant même l’exclusion de plusieurs grands favoris. En 2005, il avait bâché mais il avait battu (Lance) Armstrong à Courchevel en montagne. C’était possible. J’étais prêt à partir à la guerre avec lui. S’il y a bien un leader pour lequel t’as envie de rouler, c’est lui. Tu passais deux relais pour lui dans l’étape, le soir il venait te voir dans ta piaule pour te remercier. C’est un super gars. Et puis, c’est un gars qui adorait jouer sur le vélo. Pendant les reco dans les Pyrénées au mois de juin, dans tous les bosses, il nous attaquait, ou il faisait une roue-arrière, ou il nous poussait à attaquer pour nous contrer (rire). C’était un pur compétiteur, toujours dans le bon esprit. J’ai adoré courir pour lui."
* Mais son Tour de France a vite pris fin…
-- Florent -- " Il s’est vautré dans l’étape de Valkenburg (le quatrième jour, NDLR). Quand je me suis arrêté, il était dans le fossé. J’ai vite compris que c’était la clavicule (Alejandro Valverde montera dans la voiture de son DS en pleurs, maillot de leader du ProTour sur le dos, NDLR). Vladimir Karpets marchait bien mais de là à espérer un gros général… On n’y croyait plus, sur le papier ça changeait tout pour nous. On ne s’attendait pas du tout à ce qu’Oscar Pereiro enflamme le Tour de cette façon. Au final, je me suis retrouvé avec le maillot de Champion de France à rouler pour le maillot jaune. C’était magnifique."
« C'ÉTAIT IMPOSSIBLE À IMAGINER »
* Car il y a eu cette fameuse étape invraisemblable de Montélimar. Oscar Pereiro, alors 47e du classement général à 29’12”, va au bout dans une échappée de cinq qui termine avec… 29’57” d’avance sur le peloton. Et il se retrouve maillot jaune au terme de la 13e étape !
-- Florent -- " Personne ne s’attendait à ça. C’était impossible à imaginer. Sur le papier, c’était une vraie étape de transition comme il n’y en a plus vraiment aujourd’hui. Les favoris voulaient vraiment souffler. Ça a roulé fort pendant cent bornes et une fois que c'est sorti, ça s’est relevé complètement et c’était fini. Puis une fois en jaune, Oscar a été impressionnant. Plus ça allait, plus il marchait. À la fin, il volait, c’était énorme."
* Puis il y a encore eu un moment fou avec le numéro irréel de Landis sur l’étape de Morzine, en renversant à nouveau le Tour après avoir attaqué à 128km de l’arrivée…
-- Florent -- " Ça, c’était complètement dingue. C’est l’un des moments les plus forts de ma carrière. Je me rappelle qu’avec Nico Portal, on roulait à l’avant du peloton, en contrôle. On est arrivés dans le Col des Saisies et là, il y a toute l’équipe Phonak qui nous a passé au sprint. Et tout le monde connaît la suite. Pour l’anecdote, ce matin-là au petit-déjeuner, je me suis retrouvé avec Oscar Pereiro et… Floyd Landis à table. Les Phonak étaient à l’hôtel avec nous et les deux s’entendaient bien puisque ils étaient coéquipiers l’année précédente. On a mangé tous les trois. Floyd avait, a priori, perdu le Tour la veille et je me souviens qu’il a félicité Oscar au petit-déjeuner… Il lui a dit “bravo”. En repensant à ce qu’il s’est passé quelques heures plus tard, c’est fou. Et Floyd a fait un truc complètement dingue, un peu à la Pogacar aujourd’hui.
* Oscar Pereiro terminera finalement 2e à Paris puis remportera le Tour sur tapis vert (Landis contrôlé positif après cette étape de Morzine, NDLR). De ton côté, tu n’étais pas présent aux Champs-Elysées !
-- Florent -- " Malheureusement, j’ai pris une gaufre la veille, au dernier chrono. Je me suis cassé les quatre os de la main. J’ai quand même fini l’étape et j’espérais repartir le lendemain mais c’était impossible, j’avais le plâtre et surtout, je me suis réveillé en vrac… J’avais des points de suture de partout. Les Champs sur les pavés, ça aurait été impossible. C’est un regret de ne pas avoir pu finir ce Tour avec le maillot, à 24 heures près. Je me suis vraiment explosé. D’ailleurs, je n’ai plus couru en fin de saison, ensuite. Je n’ai pas pu profiter du maillot tant que ça."
« JE NE VIS PAS DANS LE PASSÉ »
* Tu as tout de même fait toute la première partie de saison 2007 avec le maillot, dont un Tour des Flandres et un Paris-Roubaix !
-- Florent -- " Ce qui était “marrant”, c’est que la Caisse d’Epargne s’en foutait complètement de ces courses-là. Roubaix, pour moi, c’était LA course de l’année mais je me rappelle qu’on nous avait filé des roues en bois (rire). J’avais l’habitude de ne jamais crever sur les pavés, je me débrouillais toujours bien. Mais là, en 2007, j’ai crevé quatre fois. C’est pour dire… L’équipe y allait parce que c’était obligé avec le ProTour, c’est tout, mais je n’ai pas vraiment pu jouer ma chance. C’est dommage."
* Un an après ton sacre national, tu n’as pas pesé sur le Championnat suivant, à Aurillac…
-- Florent -- " J’étais super motivé encore une fois, surtout avec le dossard N°1 dans le dos. Mais j’étais complètement collé. Le parcours était extrêmement dur et (Christophe) Moreau était au-dessus du lot ce jour-là."
* Où est ton maillot de Champion de France, 20 ans après ?
-- Florent -- " Il est chez les parents. Je n’ai rien du tout à la maison. Les quelques médailles, ce sont des trucs gagnés sur mes derniers marathons et ça sert de jouets à mon gamin. Je suis très content de l’avoir gagné, ce titre, mais je ne vis pas dans le passé."
« J’AVAIS MÊME LE RÊVE D’AVOIR, UN JOUR, MA PROPRE ÉQUIPE »
* Tu as mis un terme à ta carrière cycliste fin 2009 après deux dernières saisons chez Cofidis. Qu’es-tu devenu depuis ?
-- Florent -- " Initialement, je voulais rester dans le milieu. Mon destin, c’était de devenir directeur sportif. Quand j’ai fini ma carrière, j’ai déposé un dossier pour passer le BEJEPS à Bourges à l’époque. Mais je n’ai jamais eu de nouvelles, soi-disant qu’on n’a jamais reçu mon dossier. Je pense qu’ils n’ont jamais voulu. Je ne saurais jamais pourquoi mais c’est bizarre, improbable… J’aurais adoré être DS. J’avais même le rêve d’avoir, un jour, ma propre équipe. Mais non. Finalement, je me suis lancé en start-up en binôme avec Erwann Menthéour, chez Fitnext. J’ai trouvé ça passionnant. On était une toute petite équipe au début et on a fini à une vingtaine. C’était une superbe expérience. Maintenant, je bosse dans l’immobilier dans le microcosme landais, où je réside dans le sud-ouest."
* Roules-tu toujours ?
-- Florent -- "Je me suis mis à fond à la course à pied et c’est encore le cas aujourd’hui. Je suis passionné par la préparation physique. Je me fais des plans d’entraînement, j’ai des objectifs et je m’y tiens. J’ai battu mon record du semi cette année."
* Quelles sont tes références, que les spécialistes puissent apprécier ?
-- Florent -- "À 50 ans, je viens de faire 36 min au 10 km, 1h19’ au semi, et l’année dernière j’ai fait 2h49’ au marathon de Paris… C’est toujours l’occasion de se challenger. Mais le vélo reste ma grande passion, je n’en loupe pas une miette à la télé et je suis fasciné par les numéros que réalisent les mecs actuellement."

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En échappé avec Mengin et Hammond

